Papillotes admirables

Aujourd’hui, j’avais envie de poisson, mes chromosomes boulonnais toujours sur le qui-vive? À moins que ce ne soit les gènes de pêcheur? Ou tout simplement parce qu’ils ne restent que des andouillettes dans le frigo parce que je n’avais pas acheté trop de viande pour pouvoir manger du poisson…

La motion «poisson» téléphoniquement acceptée, je m’arrête donc au rayon de la mer. J’aurais bien pris autre chose que des filets de sole, mais après l’article que j’ai lu sur les “erreurs” d’étiquetage dans les poissonneries ou d’espèces dans les restaurants, je prends quelque chose que je peux facilement reconnaître.

Pour ne pas vous laisser sur votre faim de savoir et de poisson, l’étude a porté sur 675 établissements, heureusement en Amérique du Nord parce qu’avec les fraudes alimentaires découvertes en Europe, cela pourrait être pire. Donc en analysant les poissons dans des poissonneries et des restaurants, il s’est avéré que 40 % des espèces étaient mal étiquetées. Il est vrai qu’en filets, il est plus difficile de différencier un poisson blanc d’un autre poisson blanc que de distinguer du cheval et du boeuf, même en hachis. Les erreurs allaient de l’espèce protégée qu’on revend sous le nom d’une espèce qui ne l’est pas (flétan de l’atlantique vendu pour du flétan du pacifique) à la magouille pure et simple : le thon mal étiqueté dans 59% des cas dont de l’escolar, pas toujours digeste, vendu pour du thon blanc.

Oublions un instant le cheval de Troie des poissonniers pour en revenir à notre repas.

Au passage, je scrute les crevettes, au cas où un arrivage local pourrait me satisfaire mais c’est du  homard cuit en “spécial” (la “promotion” version québécoise) qui saute dans mon panier.

Je choisis de faire des papillotes à la coriandre. D’habitude, je mets de la moutarde, mais cette fois c’est la coriandre qui rehaussera le goût.

Bon, vous me direz, qu’y a-t-il d’admirable dans ces papillotes si ce n’est le homard en promotion? Ce ne sont pas les papillotes, mais le cuisinier qu’il faut admirer! Hier pendant que je faisais mes exercices, une dame est venue me voir et m’a annoncé de but en blanc qu’elle m’admirait! Un peu estomaqué, j’ai attendu la suite… Elle voulait me féliciter de la qualité d’exécution des “fentes” que j’avais faites un peu plus tôt, selon ses dires, en équilibre parfait, chose qu’elle n’arrive pas à faire. C’est une dame que nous voyons régulièrement une ou deux fois par semaine mais à qui je n’avais jamais eu l’occasion de parler. Je l’ai remerciée  😀

Cet exercice consiste à faire un très grand pas, de toucher légèrement le sol du genou arrière et de se relever uniquement à la force des quadriceps (muscles de la cuisse) de la jambe avant, le tout avec les mains dans le dos pour bien rester le torse vertical. Ça n’a pas l’air compliqué, comme ça, mais à coup de 30 sans arrêter, pour un total de 150, il faut en manger du poisson!

Le problème, c’est que la Grande ne veut plus que je fasse du sport de peur des admiratrices!

Papillotes de sole au homard

Papillotes de sole au homard

Papillotes de sole au homard bien de chez nous

Il n’y a plus rien dans le frigo, ça, j’en suis sûr.

Donc sur le chemin du retour à la maison, avec mon petit vélo, je fais un arrêt au Métro+. Le « plus » c’est pour dire qu’il est mieux ! Ou alors, c’est pour dire qu’il est plus cher… En tout cas, j’y vais le moins possible parce que si on a un +, on devrait aussi avoir un service irréprochable et ce n’est pas le cas. Et quand j’y vais, je boycotte les caisses automatisées, d’abord parce que ce n’est vraiment pas au point et parce que ce sont encore d’autres petits boulots qui disparaissent pour le simple profit des actionnaires.

Puisqu’on parle de boycotte, avant d’acheter quoi que ce soit je vérifie aussi la provenance, et si j’en ai vraiment besoin et que je ne trouve vraiment rien d’autre, je me résigne au « Made in China ». Mais dernièrement, j’ai acheté :

  • un cadenas de vélo venant d’Allemagne
  • des cuillères en bois françaises
  • une machine à pâte d’Italie
  • des emporte-pièces espagnols
  • des skis français
  • un moulinet américain
  • une gourde américaine

Il faut que je vous raconte la gourde ! J’arrive au magasin de sport, des gourdes, il y en a un mur complet. Sans mentir ! Un mur de gourdes. Des rouges, des vertes, des bleues, des transparentes, des métalliques, lisses, cannelées, de toute sorte. Bon, comme c’est pour m’hydrater au gym le matin, je renonce au rose. (un jour la petite nous a déclaré qu’elle avait « renoncé aux petits pois », on en rigole toujours). Pas de roses, cela fait 10 de moins, il en reste seulement 200, peut-être même 300. Donc, je commence à éplucher les étiquettes et j’y trouve toutes sortes d’indications, mais pas de provenance. Je commence à décoller les étiquettes de prix qui sont « judicieusement » collées sur le « fait en Chine ». Je finis par trouver les « China », « Made in China », « Fait en Chine » et autres provenances bien cachées, toutes de Chine. Je trouve même « made in RPC ». Un nouveau métal ? Mais non, RPC, c’est « République populaire de Chine ». J’essaie une bleue, elle est China. J’essaie une en métal, elle est China. J’essaie Camelbak qui se targuent de fabriquer leurs sacs à dos aux États-Unis et elle aussi est China. Après en avoir retourné, scruté, déchiffré, grattouillé, désétiqueté une bonne cinquantaine, je finis par trouver une qui indique clairement « Made in USA ». Mais c’est une usine à gaz ! Il y a au moins 4 façons différentes d’accéder au contenu: en dévissant le gros bouchon, en dévissant un petit bouchon, en dégoupillant un bec au centre, en déclenchant un bec à ressort sur le côté. Quatre façons de boire, c’est aussi quatre façons de fuir, n’est-ce pas? Donc je continue mon exploration des arcanes de l’hydratation sportive. Ce que je ne vous ai pas dit c’est que le mur de gourdasses se trouve juste en haut de l’escalier roulant et que je suis un peu dans le passage. Peu me chaut. Donc Chine, Chine, China, China. Je suis sur le bord d’abandonner. USA ! Une autre faite aux États-Unis. C’est un tonneau de 50 l. Elle doit être produite au Texas. Les Texans adorent dire qu’ils ont le plus grand état, le plus grand chapeau, le plus gros flingot et donc certainement la plus grosse gourde aussi. Il faudrait une brouette pour la transporter quand elle est pleine. Finalement dans la pléthore de bouteilles, je finis par en trouver une troisième fabriquée chez les voisins. Celle-là est d’une simplicité absolue, un bouchon avec un trou de la taille d’un doigt pour la porter, un simple joint d’étanchéité et bleue. Je vous ai gardé le meilleur pour la fin et la soif dans le cas de la gourde. Le prix ! Vous avez idée du prix d’une gourde? Je vous le donne dans le mille cela va jusqu’à 50 $ (soit 35 euros) et la moins chère alors? Eh bien c’est l’usine à gaz fabriquée aux États, à 9 $ elle est encore moins chère que celle que je prends qui est à 11 $, de toute façon moins chère que toutes les chinoises.

Tout ça pour dire que je boycotte les caisses automatisées, mais comme l’épicerie est sur mon chemin, c’est pratique. J’achète du pain, des filets de sole et des pinces de homard.

Rentré à la maison, je mets le riz à cuire dans l’autocuiseur à riz. Je dois dire que ça, c’est chinois, mais c’est ça vient de chez eux alors on ne peut rien dire. De toute façon quand je l’ai acheté, il n’y en avait nulle part et j’ai trouvé ça au fond d’un magasin du quartier chinois.

Ensuite je sors les papillotes, je mets les soles, la moutarde, le homard et la crème et il ne reste plus qu’à mettre au four.

À table.

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