Les pâtes du chef

C’est toujours un plaisir de faire des pâtes, mais je dois dire que certaines fois cela semble encore plus réussi.

Cette fois, je veux des pâtes à la semoule de blé dur. Donc je suis ma propre recette, mais, comme il se doit, je déborde un peu. Pourtant, ce n’est pas très compliqué:

  • 250 g de farine
  • deux oeufs
  • du sel
  • une cuillère d’huile

Je ne sais pas ce que j’ai fait. Est-ce que j’ai mis un petit peu plus de farine, ou bien les oeufs étaient plus petits que d’habitude, le sel plus sec ou l’huile plus dense, toujours est-il que lorsque j’ai fini de pétrir il est évident que cela va être des pâtes sablées! Je continue à pétrir. C’est ma nouvelle solution, pétrir jusqu’à épuisement de la mixture. Cela m’a réussi dans plusieurs recettes dont la pizza, que je pétris tant et tant qu’elle prend une belle texture panifiée que je ne lui avais jamais trouvée auparavant. La seule pâte qui m’a résisté jusqu’à maintenant était basée sur la farine de quinoa que tout malaxage a laissé indifférent.

Mais cette fois je ne me laisse pas démonter. Je décide d’ajouter un oeuf, me disant que si on parle de pâtes aux oeufs il doit y avoir une raison. De prime abord, ce n’était pas une bonne idée, la boule de pâte semble rejeter l’oeuf de la dernière heure, je persiste et signe d’une bonne cuillère additionnelle de semoule. Finalement, j’obtiens la parfaite texture, la boule est sèche et très légèrement collante, les fissures s’effacent, les plis disparaissent, la pâte est lisse. Je la laisse reposer.

Une demie heure plus tard, je n’ai pas besoin de jouer des biceps pour affiner et couper les pâtes, et j’obtiens des tagliatelles fines et longues en quelques minutes.  Cinq minutes dans l’eau bouillante et le délice va droit au coeur.

pâtes semoule de blé

Soupe jaune

Après le petit livre rouge, voici la soupe jaune.

Je suis devenu le spécialiste de la soupe aux légumes, à la courge, aux poireaux, n’en déplaise à la Reine Mère, à la coriandre, au crabe, à la patate douce, aux haricots beurre et à tous les légumes qui restent dans mon frigo.

Il faudra que je vous donne mes recettes, mais, aujourd’hui, j’avais envie de quelque chose d’autre. J’avais envie d”une soupe consistante et goûtue. Les légumes, c’est bon, mais même avec du tabasco, de la coriandre, du sel, de la courge poivrée, ça reste un peu trop printanier. Donc je me lance… Je fais revenir des oignons dans une larmichette d’huile d’olive et pris d’une inspiration subite, j’ajoute une bonne dose de curry. Du bon curry bien fort, bien jaune, d’où le nom. Vous savez, ce curry dont il suffit d’ouvrir la boîte pour se retrouver dans un HLM de la banlieue nord, où les odeurs de Madras se mêlent, sans peur, à celle de Casablanca.

C’est beau, ça sent bon et c’est le moment d’ajouter une tasse, au sens propre, de crevettes de Matane. Je laisse revenir pour que les crevettes prennent la saveur et j’ajoute la coriandre hachée pour une touche de vert. J’ajoute l’eau chaude que j’ai fait chauffer en parallèle. Je ne sais pas si ça change vraiment quelque chose, mais j’ai toujours l’impression que de mettre de l’eau froide ne va pas donner le même résultat. Quand l’eau reprend son ébullition, j’ajoute des pâtes de riz.

Pas de sel, pas de bouillon préparé dont on ne sait pas trop combien il en contient, du sel. Que des bonnes choses et un goût différent.

Tout le monde a aimé, désormais, c’est à la carte du restaurant.

soupe au curry

 

Gratuité

Si c’est gratuit, c’est meilleur.

Eh bien aujourd’hui, ce n’était pas tout à fait , mais c’était quand même,, pas mal bon.

La vérité, c’est que j’avais prévu des lasagnes, mais je n’avais pas de cheval… Non, je rigole, je n’avais pas de lasagnes! Pensant en avoir encore, j’avais oublié les pâtes. Heureusement, j’avais un paquet de manicotis, cadeau antérieur de notre supermarché préféré. Cette semaine, la gracieuseté, c’était des mouchoirs en papier, je ne suis pas sûr que même avec beaucoup de coriandre, j’aurai réussi un plat italien.

Donc, manicotis à la viande pour tout le monde. Je dois quand même dire que je préfère largement les cannellonis, l’enveloppe est plus fine.

 

manicoti

 

Pâtes italiennes

Je ne pouvais pas ne pas mettre cette photo!

IMG_2967La petite fumée blanche s’échappe des pâtes en provenance directe de Rome. Non ce n’est pas une résurgence de la petite fumée blanche de la Basilique Saint-Pierre, le Pape n’est pas mort, vive le nouveau Pape.

Eh oui, la petite est revenue avec un paquet de pâtes pour sa mère, qui, comme tout un chacun le sait, est une bonne pâte. Merci Maman, pour ce beau voyage, il a plu mais cela fait de beaux souvenirs et de beaux plats de pâtes.

Je n’ai pas fait d’escalope milanaise, elle n’est pas allée à Milan. Je n’ai pas fait d’osso bucco et pourtant j’aime ça. Je n’ai pas non plus fait de plat vénitien, non j’ai fait un curry… Un petit curry de boeuf avec beaucoup de légumes en accompagnement des pâtes en forme de crosses sacerdotales, c’était de circonstance.

 

 

La chatte, les harengs et les spaghettis

C’est bien joli d’être un super pêcheur comme moi, mais ,même si on adore le poisson, quand le filet est rempli, ça déborde. Et des poissons de plus de 2 kg ça fait de la viande de poisson! Alors j’ai tout essayé, le grignotage, les amuses-bouches, les sandwichs, les pans-bagnats, les dagoberts belges à la mode des cousins des cousins, la salade composée et la salade décomposée ( la salade d’un côté, le poisson de l’autre ), les concombres au poisson fumé, délicat, les tomates farcies au poisson fumé, mais tout ça c’est du froid. L’autre soir, en regardant mon petit paquet de tomates séchées, j’ai eu une envie subite de quiche à la truite fumée. Mais, ça n’a pas duré, j’ai une réticence… Je ne sais pas pourquoi, mais les tartes au poisson cela ne m’inspire pas. Les pizzas aux fruits de mer, cela ne m’a jamais attiré. Les moules, les filets de truite, le saumon au four, le saumon au barbecue, le saumon en tartare, le saumon en papillote, les papillotes de poissons, tout ça je dévore. Le taramo salata, les oeufs de poisson à la grecque,  les bébés pieuvres en salade, même les harengs marinés, les harengs saurs, les bouffis, les gendarmes, les saurets ou sorets, tout ça j’aime ça.

Les harengs saurs! Une petite réminiscence du bon vieux temps, je me souviens quand mon oncle passait avec son camion. On ne se téléphonait pas à tout bout de champ dans ce temps-là et, un soir, on entendait le camion qui se stationnait en bas de l’immeuble et on savait que c’était lui parce que le bruit était insistant. Le camion s’arrêtait, mais pas son moteur. Un gros camion de mareyeur avec le compresseur pour maintenir la cargaison au frais, ça faisait pas mal de bruit dans la rue Vion. Les trains, nous avions l’habitude, la gare de triage à portée de porte-voix, mais un gros camion juste en bas c’était sûr que c’était Robert. Il montait, précédé de l’odeur de poisson imprégné dans ses vêtements, mais aussi dans le bois, la corde, la glace de la caisse pleine de poisson qu’il apportait. J’ai le souvenir précis de sa veste en mouton retourné, de ses joues mal rasées quand il m’embrassait, de son ton joyeux, toujours gentil. Je ne sais pas pourquoi l’autre souvenir, c’est Maman qui faisait des harengs marinés. Je n’aimais pas trop les harengs marinés, j’avais l’impression que c’était fourré aux arêtes, comme les anchois, une pelote d’arêtes avec un peu de sciure de mouche. Je revois le grand plat de harengs avec des oignons coupés en tranches. Mais j’associe ces mêmes harengs à une autre réminiscence très disparate. Je me souviens qu’on avait une chatte qui avait mis bas. C’était à Douai, les harengs en haut de l’escalier du garage, la chatte qui faisait des petits. Je me demande bien ce qu’on pouvait faire avec une chatte ? Je ne me souviens de rien d’autre à propos de cette chatte, ce qu’il s’était passé avant et pourquoi nous l’avions recueillie, ni ce qu’il s’est passé après. J’ai l’impression que c’est Papa qui l’avait ramenée.

C’était au printemps 68. Pas trop difficile à retenir cette date-là.

Mais donc le poisson, j’aime ça. Moi je mangerai bien plus souvent des sardines, des maquereaux, des éperlans, grillés. Je mangerai aussi de l’espadon, autre réminiscence d’une journée de pêche mémorable, de la raie au beurre noir, il paraît qu’on a plus le droit, même si on a encore le droit de respirer les exhalaisons des pots d’échappement. Heureusement, je peux manger des bulots, les crevettes, des homards, des huîtres, même si elles ne sont jamais aussi bonnes que celles de chez nous. Ici ce sont des grosses huîtres sans goût. Ils doivent les laver avant de les servir. Elles sont grasses, mais sans sel. C’est pour le régime! Ce sont des huîtres “diet”, “lite”, sans édulcorant, élevées dans la cuve où il fabrique le pseudo-fromage. Il devrait y mettre leurs enfants dans cette cuve là. Leurs enfants ils sont mal élevés alors cela ne pourrait qu’être mieux! Hier, il y en avait un sur la pelouse en face, je pense qu’il a soufflé dans un mirliton sans discontinuer pendant au moins 45 minutes! Moi, vous me connaissez j’ai mis le Stabat Mater de mon ami Vivaldi, chanté par Philippe Jarousski, j’étais sur la croix et ma mère me plaignait. Petit bonheur en passant… Mais quand même, leurs enfants, ils en font un fromage et ils feraient mieux de les faire mous et sans saveur.

Attendez-moi, je me remets le Vivaldi, ça me stimule.

Donc oui, la tarte à la truite fumée, je ne suis pas sûr. Alors, parce qu’il faut quand même lui trouver d’autres apprêts, j’ai décidé de me faire des spaghettis truite fumée. Un petit peu de crème, un petit peu de sel, beaucoup de truite, beaucoup de tabasco, pas mal de poivre et une tirade de sauce soja. Oui, je le sentais bien. D’abord, tout ça, même avec le demi-litre de tabasco, ça restait très blanc et sur les spaghettis bruns ça me semblait fade à l’oeil. J’avais l’impression que ces spag-là allaient me faire comme une botte de foin avec un peu de farine d’épeautre. Vous savez le truc pâteux, avec un accent très circonflexe, très gras, très étouffe-chrétien. Je ne me suis pas lancé du premier coup, genre : “allez, j’y vais et si ce n’est pas bon je jette”. Je n’ai pas été appris comme ça! Non, j’y suis allé mollo, un petit peu dans une cuillère pour tester. Eh bien, c’était pas mal. Ça arrondit le goût. Ça lui donne de l’ampleur. Ça rehausse le fumet. Bon pour la couleur c’est toujours botte de foin et son de sarrasin, mais avec un trait de tabasco pour la présentation, ça fera bien assez éclair de génie sur fond de réminiscences.

À table.

Spaghetti complets à la truite fumée

Spaghetti complets à la truite fumée

Poulet St-Georges

Je n’ai pas vaincu le dragon, mais je l’ai combattu.

J’ai fait appel à mon meilleur sens de la casuistique pour savoir si le bénéfice excuserait la faute.

J’ai pesé le pour et le contre. J’ai humé le goût du poulet et celui des épices. J’ai mesuré, à vue de nez, l’impact des tomates. J’ai grassement arrosé de ma plus grosse bouteille de Tabasco. Pour cacher un peu mieux encore, j’ai coloré au curry. J’ai multiplié les ingrédients pour que leur nombre surpasse l’intrus. Curry et tabasco ne me semblant pas encore assez, j’ai coupé, en fines languettes, un beau bulbe de gingembre frais. Quelle odeur ! Quel fumet ! Quelle exhalaison ! Il n’y a pas de doute, cette fois, elle ne s’en apercevra pas !

Je me suis demandé si je ne devrais pas couper tous les légumes au vide-pomme pour que la forme cylindrique soit la norme. Pourquoi ne pas façonner le poulet au fer à friser ? Le poulet caniche, une nouvelle race de volaille frisée ! C’était en accompagnement de quelques spaghettis complets. « Damn it ! », comme disent les voisins, la couleur ne va pas du tout. Je ne vais quand même pas faire des spaghettis blancs pour parfaire le camouflage. Voilà, je viens de trouver l’idée ! Je vais m’habiller en blanc ! Je vais me déguiser en chef. Pas en chef style Géronimo, non en maître queux. La toque blanche fera un bon alibi aux cylindres blancs.

Vous m’avez compris ! Vous êtes des lecteurs attentifs et perspicaces ! Vous m’avez calculé, comme on dit maintenant. Eh bien oui, j’essaie de lui faire passer des coeurs de palmier. Moi, j’adore ça, en salade, en légume, chaud, froid, en vinaigrette, en soupe, à la croque au sel ou à la fourchette, j’aime ça. Et, vous l’avez deviné, elle, la grande, abhorre les arécoïdées, calamoïdées, céroxyloïdées, coryphoïdées, nypoïdées, phytéléphantoïdées de tout acabit. Pour elle, les palmiers, c’est pour la plage, le soleil, la mer, les éventails et les doigts de pieds. Pour elle, que les palmiers restent chez eux et les bananes seront bien gardées.

Donc, j’essaie depuis longtemps de trouver une idée pour les faire passer et, de peur de me faire battre, jusqu’à maintenant j’avais repoussé l’échéance. Mais ce matin, je me suis dit, in petto : « fait de toi un homme, mon grand ». Comme vous l’avez vu, le chemin fut tortueux, mais j’ai osé.

Résultat: « C’est quoi ‘ÇA’? Des coeurs de palmier? Je te les donne, tu aimes ‘ÇA’ plus que moi. »

Pas le temps de réagir. Pas le temps de placer un mot. Pas le temps d’expliquer que cela donner une douceur nouvelle au poulet. Ni de dire comme cela s’harmonise parfaitement avec le goût acidulé du gingembre. Tant pis pour moi. Tant mieux pour moi, je les ai tous mangés !

À table !

>>>>> recette

Vous le voyez, le coeur de palmier, il est tout caché!

Ravioli

Juste quelques photos d’une première tentative de ravioli.

La pâte est belle et fine.

Après quelques essais, les ravioli sont plutôt beaux.

Ils ne se défont pas à la cuisson.

Et ils sont vraiment appétissants.

Alors c’est quoi, le problème?

La farce était trop sèche. Malgré la leçon de la veille, et une bonne dose de Tabasco, elle était aussi un peu fade. La pâte à la semoule était aussi trop épaisse.

Ce n’est pas grave, on va recommencer.

À table !

 

Lasagna del giorno

Quand je vous dis que je n’ai plus mon libre arbitre !

Je rentre à midi et elle me dit : « je veux des lasagnes ».

Non en fait, elle dit : « peut-être qu’on pourrait avoir des lasagnes ». Mais elle le dit tellement bien que cela veut dire : « je veux des lasagnes ».

C’est quoi, cette histoire de lasagnes? On ne fait pas de lasagnes le midi que je sache ? En tout cas moi, je n’en ai jamais fait. Oui, je fais des bonnes lasagnes. Je fais les meilleures lasagnes de ce côté-ci de la rue, c’est sûr, mais le soir. J’ai toujours fait « lasagna della sera », les lasagnes du soir.

En plus, moi, je m’étais fait un petit film : la prochaine fois, je vais me faire mes pâtes à lasagnes moi-même. Je vais les faire amoureusement. Je vais les étirer doucement. Je trouve que les lasagnes du commerce sont un peu épaisses. Je les imagine plus fines. Je pourrais les faire avec une farine complète, ça ajouterait une nouvelle saveur à ma lasagne. Ou alors, les aromatiser pour faire ressortir le goût de la viande. Un soupçon de sauce tomate, ça donnerait de la couleur.

Parce que je n’ai plus le droit à la sauce tomate dans les lasagnes. Décret familial ! La grande n’aime pas ça. Je n’ai pas non plus le droit à la béchamel, trop lourd, trop gras, trop riche.

Chez nous, les lasagnes, c’est au plus simple, des oignons, du steak haché, des courgettes et c’est tout. Un peu de crème sur le dessus pour faire beau. Un peu de parmesan pour faire italien. Et voilà.

C’est pour ça, moi je me disais : je vais introduire de la diversité dans la lasagne. Je vais le faire subtilement. Je vais détourner l’attention avec une farce habituelle, mais des pâtes nouvelles. Je n’allais pas me lancer dans les pâtes à lasagne au roquefort, non quand même pas. Peut-être les pâtes au tabasco, ça oui, peut-être. Non, je voyais un truc genre : pâtes à lasagne au blé entier, tamarin  et soupçon de persil. Ça le fait, non ?

Stop ! Fini les rêveries. « Lasagna del giorno », c’est la commande !

Au bout du compte, c’est pour lui faire plaisir tout ça, alors autant les faire les meilleures possible, j’attendrai la prochaine fois pour le chef-d’oeuvre.

À table.

>>>> recette

 

Porc, gingembre et pâtes

Les pâtes telles qu’elles doivent être!

Fluides , aériennes, transparentes, délicates.

Oui, cette fois, c’est du sûr, recette simple et rapide : semoule de blé, 2 œufs, de l’huile et le coup de main.

Il faut dire que j’ai monté d’un cran dans la hiérarchie des cuisiniers, j’ai maintenant un « cul de poule » flambette et une cuillère en bois de compétition, made in France s’il vous plaît.

Donc on verse tout dans le cul de poule, on mélange, cela n’a pas l’air de prendre. Mais cette fois-ci, je ne me laisse pas prendre, je continue hardiment. J’ai préparé de l’eau dans un verre gradué pour pouvoir connaître la quantité exacte que je devrais ajouter. Mais non, j’y mets les mains et je finis avec une belle boule de pâte.

on voit bien que la cuillère est de bonne souche

Je pétris vigoureusement encore cinq bonnes minutes.

Je laisse reposer une demi-heure à l’air libre.

Je coupe l’équivalent d’un œuf et j’abaisse au rouleau à pâtisserie. Lorsque j’ai atteint une épaisseur de 2-3 mm, je passe à la machine. Miracle, la pâte se lisse parfaitement. Elle ne colle pas du tout sur le métal et s’amincit jusqu’à un  «whooping » numéro 7. J’aime bien cette expression anglaise qui image très bien les petits et grands cris de plaisir qui accompagnent l’action.

Ensuite, changement d’orientation et directement dans le laminoir à tagliatelles. Vous avez vu le résultat? C’est beau!

Je vous remets une petite photo parce que la grande trouve que je deviens trop verbeux…

Avec ça, filet de porc avec oignons et gingembre râpé.

À table!

>>>>> recette

Demi-sarrasin

Autant j’aime la précision des mots, autant je jongle allègrement avec les ingrédients des recettes. Je vais pourtant devoir garder une trace des variations et de leurs résultats pour conserver les meilleurs choix.

Donc hier, la Grande se prend d’une envie subite de galettes de sarrasin. Ni une ni deux, je m’attelle aux fourneaux. Glissando décélérant vers le grave : il n’y a plus que 250 g de farine de blé noir. Ni trois, ni quatre, ajoutons 250 g de farine de froment. Je mesure très précisément 10 g de sel et j’ajoute les 50 cl d’eau de ma dernière recette. Bien sûr, une fois l’eau absorbée, je me retrouve avec un mélange épais et grisâtre, loin d’être propre à la confection de galettes. Ni cinq ni six, je continue à ajouter de l’eau pour obtenir une consistance plus guillerette. Quand la pâte est lisse et fluide, je mets la crêpière à chauffer. Oui, je sais, autre divergence de la belle recette langue de bois : laisser reposer 5 à 6 heures ! Qui peut prévoir, 5 heures à l’avance, qu’il aura envie de galettes de sarrasin.

« Oh j’ai envie de galette de sarrasin! Je mets mon petit tablier. J’ouvre mon armoire magique et, miracle, il y a justement un beau paquet, tout neuf, de farine de blé noir, moulu à la pierre et à la main, qui se jette dans mes bras. Merci, petit paquet. Je n’ai besoin que de ta moitié. Ne pleure pas, petit paquet, je reviendrai te chercher à ma prochaine envie subite de galettes. Beau petit saladier, comme vous êtes joli, que vous me semblez beau. Sans mentir si votre mélangeage se rapporte à votre plumage, vous êtes le phénix des cuillères de ce bois. Venez faire la ronde avec vos nouveaux amis pour la vie : le blé noir, l’eau cristalline et la poudre magique de Guérande. Touillons, touillons, en chantant une petite chanson. Maintenant, reposons-nous! Je vais m’assoir et je vais attendre 5 heures que la princesse charmante vienne me réveiller. »

Sérieusement, 5 heures!

Ils n’ont vraiment rien à faire les cuisiniers? À 5 heures par recette, tu n’as pas le temps de manger!

La Grande « veut » des galettes. Elle les veut « maintenant »!

Elle dit : « ce sera meilleur demain », mais, en attendant, elle les boulotte aujourd’hui. Je crois que le truc de « c’est meilleur demain », c’est pour que j’en fasse plus et, qu’éventuellement, une fois rassasiée, il lui en reste pour s’empiffrer une deuxième fois !

J’en étais où ? Ah oui, ni sept ni huit. Je verse une louchette de pâte dans la crêpière. Mille millions de sabords. Malgré le délayage supplémentaire, la galette reste tumulus, breton bien sûr. Pas d’autre solution, il faut encore allonger.

Qui prend note des quantités?

J’en profite pour annoncer publiquement que j’ai obtenu, de l’assemblée constituante familiale, le vote d’un crédit exceptionnel pour la création d’une commission d’achat d’une raclette de crêpier. Je crois que si je l’ai obtenu si facilement et dans de si courts délais, c’est parce que nous sommes en période d’élection présidentielle, à moins que ce ne soit par crainte d’une grève des étudiants crêpiers. En tout cas, cochon qui s’en dédit, la prochaine fois ce sera « galettes à la raclette » ou cela ne sera point!

Ni neuf ni dix. J’ai fait 11 galettes, deux jambons- fromage pour l’affamée, une à l’œuf pour le cuisinier, une nature, comme dessert, pour la goulue, deux sirop d’érable pour le bec sucré et devinez ou comptez sur vos doigts?

Il en reste pour « c’est meilleur demain »!

Pendant ce temps là, la petite qui n’était pas galette ou qui, elle aussi, était « c’est meilleur demain », se faisait une recette de son cru : « Pâtes fraîches aux oignons ». Mam sera contente, elle a réutilisé tous les restes : pâtes des « pâtes en tas » et oignons confits de la « pizza 2-5 ».

À table!

 

Pâte en tas

Qu’est-ce que je raconte ? La vérité vraie ou la vérité crue? Pas le «crue» de pas cuite, le «crue» de croire ou faire croire.

Est-ce que vous voulez croire à mon génie inné de la chimie alimentaire (figure de style) ou  à la dure réalité de la cuisine?

Est-ce que vous pensez que, fort de mes pâtes à tarte, mes pâtes à gâteaux, mes pâtes brisées, mes pâtes sablées, mes pâtes minutes, au robot, à la main, à l’amande, au sel, au sucre, au beurre, au sarrasin, au blé dur, au blé mou, le succès était assuré? Vous croyiez que j’allais obtenir la pâte à pâtes idéale. Vous croyez que j’ai réussi. Vous voulez croire! Vous vous attendiez à une jolie histoire, un opéra, un air à la mode, une petite musique douce, une historiette, une berceuse. Vous attendiez le « happy end » à l’américaine. Vous n’attendez même pas, vous êtes sûrs. Vous vous demandez : où cela pourrait-il donc clocher? Quelle est donc la difficulté? C’est une étape facile! C’est Paris-Bordeaux à vélo. Ce n’est pas l’enfer des pavés. On n’est pas dans les Pyrénées. Il n’y a pas de col à franchir. Ce n’est pas le Tourmalet. On enclenche le petit braquet et on mouline. On est dans le peloton. Il n’y a besoin de s’échapper. Allez! Hop! Hop! Hop!

Œufs, farine, sel, pétrir, laminer, découper, cuire.

7 mots! La recette la plus courte du monde. Et encore, elle comprend les ingrédients ET le modus operandi. Avec les quantités, on arrive à 10 mots.

3 œufs, 300 g farine, 3 g sel, pétrir, laminer, découper, cuire.

On a eu la recette à 2.5 maintenant c’est la recette à trois 3 !

Où est le problème? Pas besoin de se mettre en danseuse! Pas besoin de mettre son tutu rose du meilleur grimpeur.

Voilà, vous êtes rassurés. Vous vous dites : il minimise l’exploit. Il cache les photos pour mieux nous ébaudir à la dernière minute. Il fait du roman. Il invente des péripéties à un conte qui n’en a pas besoin, pire encore, qui n’en avait pas.

Eh bien, bonnes gens, détrompez-vous. Venez entendre la misérable aventure que votre héros a subie dans sa quête de la pâte à pâtes. Venez ouïr les avanies, les humiliations, les vexations, les outrages qu’il a endurés dans son apprentissage du spaghetti parfait. Apprenez comment l’épistémé de la nouille s’est désagrégée à son approche, le laissant écartelé entre farine et œufs. Oyez comment toutes les dures expériences, acquises dans de longues incursions aux pays des cornes de gazelle, n’ont pu le prémunir du désarroi de la tagliatelle.

Tout a commencé bêtement : un saladier, de la farine, du sel et des œufs. Je touille et la pâte semble vouloir obéir. Elle forme les premiers amas, elle s’amalgame, elle s’agglomère, elle s’agglutine. Mais d’un seul coup, il n’y a plus rien à faire. C’est la pâte folle. Elle rejette. Elle écarte. Elle refuse. Il en reste trop sur les bords. Une cuillerée d’huile, une cuillerée d’eau et le tout rentre dans l’ordre. Ah non, il en reste encore sur les côtés. Des astéroïdes orbitent autour de la planète mère. L’accrétion n’est pas totale! Qu’à cela ne tienne, encore un peu d’eau. Il y a bien un peu de farine collée sur les parois du creuset originel. Allez encore plus d’eau pour ne rien perdre de ces bons ingrédients: de la farine en provenance directe d’Italie, typo «00», des œufs enrichis en oméga 3, il ne faut pas en perdre. Voilà, la boule est prête. Elle colle un peu aux doigts. Un peu de farine va régler ça. Non, elle adhère toujours. Légèrement, mais cela ne devrait pas être idéal pour le laminoir. Encore un peu de farine. Pétrissage. Farinage. Malaxage. Farinage. Triturage. Farinage. Qui a pris en note les quantités ?

La recette dit : laisser reposer une demi-heure. C’est l’étape, le repos mérité de part et d’autre.

Retour à l’établi. La pâte ne colle pas, elle a une belle apparence, comme une certaine voiture de bonne mémoire.

Le laminage se passe bien, mais il faut le faire à quatre mains parce que la légère adhérence dérange.

Et maintenant, la segmentation finale. Misère et désolation, une belle langue de pâte striée! C’est joli, on dirait un canevas de pâte en long, et non un pantalon de canevas. Mais de spaghettis que nenni!

Pour dire la vérité plus crue encore, on dirait les résurgences de vers marins à marée basse ! Vous savez, ces petits tas de vermicelles de sable en partie désagrégés qui surgissent de la fine couche d’eau en avant de la marée qui remonte. Pouah! Je vous l’avais dit que l’histoire était terrible.

J’ai dû laminer trop fin. Essayons plus épais. Numéro «quattro».

De peur de réitérer la vision d’horreur, cette fois, ce sera les tagliatelles. Après le canevas, ce sont les canisses, mais de pâtes aucune.

Patatras! C’est le potentat de la pâte en tas! Tout ça pour ça!

On en fait quand même plusieurs longueurs, mais rien n’y fait, la liaison est trop parfaite et «mal-t-appropriée».

On ne va pas se laisser faire par un peu de pâte quand même. La petite soutient que la pâte était raide, presque rigide sur YouTube, l’Encyclopaedia Universalis de la jeunesse d’aujourd’hui. Ah, qu’avons-nous perdu les tranches reliées de blanc et de bleu! Pas de sentimentalisme archaïque, justement les tranches sont bien trop reliées et il faut y remédier. Force farinage et malaxage sont les mamelles de la séparation de la tagliatelle et du spaghetti.

Finalement, la pâte obtient une texture idoine et les pâtes se coupent comme par enchantement.

Les avis sont partagés, sécher ou ne pas sécher.

Les activités de chacun en décident d’elles-mêmes. Séchage il y aura.

De retour, quelques heures plus tard, les pâtes semblent parfaites. J’avais bien un peu peur de retrouver les œufs d’un côté, la farine de l’autre et au milieu le sel en un petit tas, pas tentant.

L’épilogue est court: 7 minutes à l’eau bouillante, beurre, comté râpé.

Délectable! Gastronomique, ce sera la prochaine fois.

À table!

>>>>> recette

 

Lasagnes à la coriandre

 

Lasagnes à la coriandre

Aujourd’hui, nous n’étions pas très pressés, et c’est samedi, alors nous avons mangé tard.

J’ai fait des lasagnes, mais je n’étais pas très riche en légumes. Alors comme il me restait un bouquet de coriandre que j’avais acheté pour mettre dans mon couscous de la semaine dernière, j’ai décidé d’essayer une nouvelle saveur.

Donc 4 oignons, un poivron vert, de la viande et une courgette. D’habitude, je fais trois couches de pâtes: trois au fond du plat, trois au milieu et trois sur le dessus. Dernièrement, j’ai ajouté une sur le bord de chaque côté parce que cela fait plus de pâtes croquantes. Cette fois-ci, j’ai ajouté une couche de pâtes supplémentaire pour avoir plus à manger !

 

Sur le dessus, je mets un peu de crème et je couvre de parmesan.

En tout cas, la coriandre fraîche ça donne vraiment un petit goût fin et léger.

À table!