Tarte au citron meringuée, croûte aux biscuits Graham

Ingrédients


Ingrédients

Pour la croûte
250 ml (1 t.) de chapelure de biscuits Graham
30 ml (2 c. à soupe) de sucre
45 ml (3 c. à soupe) de beurre, fondu
Pour la garniture au citron
330 ml (1 1/3 t.) d’eau
15 ml (1 c. à soupe) de zestes de citron
125 ml (1/2 t.) de sucre
60 ml (1/4 t.) de fécule de maïs
2 jaunes d’oeufs
45 ml (3 c. à soupe) de jus de citron
Pour la meringue italienne
125 ml (1/2 t.) de sucre
30 ml (2 c. à soupe) d’eau
2 blancs d’oeufs

Préparation

  • Préchauffer le four à 190 °C (375 °F).
  • Dans un bol, mélanger les ingrédients de la croûte. Répartir dans une assiette à tarte de 20 cm (8 po) et presser légèrement.
  • Cuire 8 minutes, jusqu’à ce que la croûte soit légèrement dorée. Retirer du four et laisser tiédir.
  • Préparer la garniture au citron en mélangeant l’eau avec les zestes et le sucre dans une casserole. Porter à ébullition. Retirer du feu et réserver.
  • Dans un bol, fouetter la fécule avec les jaunes d’oeufs et le jus de citron. Filtrer afin d’obtenir une préparation homogène.
  • Verser l’eau sucrée sur la préparation de jaunes d’oeufs et bien fouetter. Remettre dans la casserole et cuire 2 minutes à feu moyen-vif en fouettant constamment, jusqu’à épaississement. Verser dans la croûte.
  • Préparer la meringue en mélangeant le sucre et l’eau dans une casserole. Chauffer à feu vif jusqu’à ce que la température atteigne 116 °C (240 °F) sur un thermomètre à cuisson. Retirer du feu.
  • À l’aide du batteur électrique, fouetter les blancs d’oeufs jusqu’à l’obtention de pics mous. Verser le sirop en filet et continuer à mélanger au batteur jusqu’à l’obtention de pics fermes.
  • Répartir sur la garniture au citron. Passer environ 2 minutes sous le gril préchauffé du four, jusqu’à ce que la meringue dore.

L’aventure, c’est l’aventure

Tout ça, c’est de la faute à Manu.

Jusqu’à maintenant, j’avais bien résisté à l’envie, mais, à chaque fois que je le vois, il retourne le couteau dans la plaie: je fais du super bon pain au levain!

Donc aujourd’hui, je me lance.

Aujourd’hui c’est la première étape. J’ai stérilisé un bocal et j’ai préparé le levain.

  • 80 g de farine blanche
  • 80 g de farine de seigle complète et bio
  • une cuillerée à café rase de sucre blanc
  • de l’eau pour obtenir une pâte lise, liquide et épaisse

la suite dans trois jours

La carotte et le ballon

Ce soir, c’était “gros ballon”.

Je ne sais pas trop ce qu’elle fait avec, mais c’est bon pour ses muscles et sa tête!

La tentation de faire la gym buissonnière étant toujours présente, les repas du mardi et du jeudi se doivent de tenir tête à la fainéantise.

Ce soir, rien de bien compliqué, d’abord les restes, une petite soupe mixée à partir des restes du couscous, légumes, pois chiches et quelques petits morceaux de viande, riche, mais gouteux.Ensuite une quiche aux oignons, origan et farine entière. Et pour finir, ananas rôti à la cannelle.

Pour l’ananas, c’est facile. On achète un ananas qui sent bon. S’il ne sent rien ce n’est pas de bon augure! Ensuite, on l’épluche en retirant la peau à grands coups de couteau. On coupe des lamelles dans le sens de la longueur. Le meilleur moment, c’est quand il faut ronger le coeur pour ne rien perdre. Enfin, on met les tranches d’ananas dans un plat, on saupoudre de cannelle et on fait cuire 15-20 minutes à 350.

IMG_2923

 

Le fin des haricots

26 $ le kilo !

Vous croyez que c’est possible ? Et les autres seulement 4 $. On en fait venir de France et on les vend 6 fois plus cher. En plus, ils sont obligatoirement moins frais. Le camion, l’avion, encore un camion, la mise en place, etc. Ou alors, ils sont cryogénisés. Ils ne peuvent pas être congelés à ce prix là. Sinon, ils ne sont plus frais?

Un jour, on nous a proposé des muffins “frais du jour, décongelés du matin”. Sans rire ! Ils étaient frais, puisqu’on venait de les décongeler. Et, pour la serveuse, cela semblait naturel.

Bon, la chérie, elle dit que décongelé cela n’a pas le même goût que frais, sauf … pour les dim sums ou les wontons. Mais bon, eux ils sont dans une catégorie bien à part. La quintessence ne peut se flétrir. L’absolu ne peut s’altérer. La pureté est infinie. L’infini le reste, quoi qu’on lui ôte. Il n’y a que la patience infinie qui ne supporte pas la durée. Tout le reste ne résiste pas au froid. Même ici, où on a, quand même, plutôt l’habitude du froid. Depuis le temps qu’elle se fait congeler tous les hivers, elle devrait compatir à tous ces pauvres aliments qu’on soumet aux températures extrêmes.

Quel que soit l’emballage, on souffre les jours de grands frimas. Vous imaginez le petit pois, ça lui tombe sur la tête, il se retourne et ça ne change rien pour lui. Le poisson, c’est pire. Il aime l’eau et on lui retire la raison de vivre. Bon, quand il arrive au congélateur, cette raison-là, il l’a perdue depuis un moment, mais quand même. Le pire, c’est pour le steak haché ! On le hache et on le brise. Toutes ses petites cellules, qui étaient passées entre les mailles de la moulinette doivent maintenant supporter un brise-menu supplémentaire. Moi, je vous le dis, aliment congelé, ce n’est pas une situation enviable. Alors, se rebellent-ils à notre palais en perdant leur qualité gustative ? Au temps de la cuisine moléculaire, que n’a-t-on trouvé la molécule du goût frais.

À quel moment, un légume perd-il sa fraîcheur ? Au moment où on le cueille, on l’emballe, on le trimballe, on le vend, on le surenchère ou quand on l’assaisonne ? Vous connaissez le dilemme : est-ce que je cuis mes brocolis dans l’eau ou à la vapeur ? Dans l’eau, ils se gorgent. À la vapeur, ils dégorgent. À la vapeur, je cuis les vitamines. Dans l’eau, je les dilue. En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’il ne faut pas les faire cuire longtemps (sic). Cru, c’est mieux, mais c’est moins bon. Les plats cuisinés on-ils été inventés pour cacher le goût de la congélation ? Est-ce que les vitamines se cachent pour mourir?  Plus prosaïquement, les vitamines ont-elles une saveur ? Et ce que la dilution homéopathique de la thiamine, de la cyanocobalamine, ou de l’ergocalciférol disparaît du goût quand on les refroidit, comme une goutte d’eau bénite dans l’océan. Est-ce que la biotine, l’épicathécol ou l’amide nicotinique perdent de leur tonique au contact du plastique ? Est-ce qu’après les tout petits bisphénols, on va condamner les plastiques tout entiers?  Bis repetita placent !

Non, rien ne remplacera jamais les bons haricots cueillis dans le jardin pour le repas de midi. Payer 26 $ pour des haricots super fins en provenance directe de l’avion qui les a amenés de Gaule, si ce n’est de Colombey, ce n’est pas la solution. Du jardin à l’assiette, un point c’est tout !

En même temps, les haricots c’est un peu c** ! Ils sont tous mûrs en même temps. Alors quand on a mangé des haricots toute une semaine, il faut en faire quelque chose ! Je crois que je vais militer pour les HGM, les Haricots Génétiquement Mensualisés, ceux qui mûrissent en espalier ! La dernière rame ( ce serait des haricots grimpants ) règle la cadence des autres(1). Les premiers mûrissent pour remplir une assiette. Les seconds attendent “un certain temps” pour laisser aux goûteurs le temps de retrouver le désir de manger des haricots frais et ainsi de suite jusqu’aux premières gelées.

En attendant, on mange des haricots du Québec et, ça c’est écologique et naturel !

À table !

(1) Je n’ai pas pu m’empêcher, c’est une astuce sur “espalier” qui signifie les arbres taillés le long d’un mur lui même appelé espalier, mais c’est aussi le rameur assis sur le dernier banc d’une galère qui règle la vitesse des autres rameurs.

(2) Pendant que j’y suis, vous avez certainement reconnu le nom des vitamines les plus colorées au moins dans leurs noms: vitamine B1/thiamine, vitamine B12/cyanocobalamine, vitamine D2/ergocalciférol, vitamine H/biotine, vitamine P/épicathécol, vitamine PP/nicotinamide

(3) Il n’y a pas de photos aujourd’hui, les haricots du Québec ne tiennent pas dans l’objectif…

La chatte, les harengs et les spaghettis

C’est bien joli d’être un super pêcheur comme moi, mais ,même si on adore le poisson, quand le filet est rempli, ça déborde. Et des poissons de plus de 2 kg ça fait de la viande de poisson! Alors j’ai tout essayé, le grignotage, les amuses-bouches, les sandwichs, les pans-bagnats, les dagoberts belges à la mode des cousins des cousins, la salade composée et la salade décomposée ( la salade d’un côté, le poisson de l’autre ), les concombres au poisson fumé, délicat, les tomates farcies au poisson fumé, mais tout ça c’est du froid. L’autre soir, en regardant mon petit paquet de tomates séchées, j’ai eu une envie subite de quiche à la truite fumée. Mais, ça n’a pas duré, j’ai une réticence… Je ne sais pas pourquoi, mais les tartes au poisson cela ne m’inspire pas. Les pizzas aux fruits de mer, cela ne m’a jamais attiré. Les moules, les filets de truite, le saumon au four, le saumon au barbecue, le saumon en tartare, le saumon en papillote, les papillotes de poissons, tout ça je dévore. Le taramo salata, les oeufs de poisson à la grecque,  les bébés pieuvres en salade, même les harengs marinés, les harengs saurs, les bouffis, les gendarmes, les saurets ou sorets, tout ça j’aime ça.

Les harengs saurs! Une petite réminiscence du bon vieux temps, je me souviens quand mon oncle passait avec son camion. On ne se téléphonait pas à tout bout de champ dans ce temps-là et, un soir, on entendait le camion qui se stationnait en bas de l’immeuble et on savait que c’était lui parce que le bruit était insistant. Le camion s’arrêtait, mais pas son moteur. Un gros camion de mareyeur avec le compresseur pour maintenir la cargaison au frais, ça faisait pas mal de bruit dans la rue Vion. Les trains, nous avions l’habitude, la gare de triage à portée de porte-voix, mais un gros camion juste en bas c’était sûr que c’était Robert. Il montait, précédé de l’odeur de poisson imprégné dans ses vêtements, mais aussi dans le bois, la corde, la glace de la caisse pleine de poisson qu’il apportait. J’ai le souvenir précis de sa veste en mouton retourné, de ses joues mal rasées quand il m’embrassait, de son ton joyeux, toujours gentil. Je ne sais pas pourquoi l’autre souvenir, c’est Maman qui faisait des harengs marinés. Je n’aimais pas trop les harengs marinés, j’avais l’impression que c’était fourré aux arêtes, comme les anchois, une pelote d’arêtes avec un peu de sciure de mouche. Je revois le grand plat de harengs avec des oignons coupés en tranches. Mais j’associe ces mêmes harengs à une autre réminiscence très disparate. Je me souviens qu’on avait une chatte qui avait mis bas. C’était à Douai, les harengs en haut de l’escalier du garage, la chatte qui faisait des petits. Je me demande bien ce qu’on pouvait faire avec une chatte ? Je ne me souviens de rien d’autre à propos de cette chatte, ce qu’il s’était passé avant et pourquoi nous l’avions recueillie, ni ce qu’il s’est passé après. J’ai l’impression que c’est Papa qui l’avait ramenée.

C’était au printemps 68. Pas trop difficile à retenir cette date-là.

Mais donc le poisson, j’aime ça. Moi je mangerai bien plus souvent des sardines, des maquereaux, des éperlans, grillés. Je mangerai aussi de l’espadon, autre réminiscence d’une journée de pêche mémorable, de la raie au beurre noir, il paraît qu’on a plus le droit, même si on a encore le droit de respirer les exhalaisons des pots d’échappement. Heureusement, je peux manger des bulots, les crevettes, des homards, des huîtres, même si elles ne sont jamais aussi bonnes que celles de chez nous. Ici ce sont des grosses huîtres sans goût. Ils doivent les laver avant de les servir. Elles sont grasses, mais sans sel. C’est pour le régime! Ce sont des huîtres “diet”, “lite”, sans édulcorant, élevées dans la cuve où il fabrique le pseudo-fromage. Il devrait y mettre leurs enfants dans cette cuve là. Leurs enfants ils sont mal élevés alors cela ne pourrait qu’être mieux! Hier, il y en avait un sur la pelouse en face, je pense qu’il a soufflé dans un mirliton sans discontinuer pendant au moins 45 minutes! Moi, vous me connaissez j’ai mis le Stabat Mater de mon ami Vivaldi, chanté par Philippe Jarousski, j’étais sur la croix et ma mère me plaignait. Petit bonheur en passant… Mais quand même, leurs enfants, ils en font un fromage et ils feraient mieux de les faire mous et sans saveur.

Attendez-moi, je me remets le Vivaldi, ça me stimule.

Donc oui, la tarte à la truite fumée, je ne suis pas sûr. Alors, parce qu’il faut quand même lui trouver d’autres apprêts, j’ai décidé de me faire des spaghettis truite fumée. Un petit peu de crème, un petit peu de sel, beaucoup de truite, beaucoup de tabasco, pas mal de poivre et une tirade de sauce soja. Oui, je le sentais bien. D’abord, tout ça, même avec le demi-litre de tabasco, ça restait très blanc et sur les spaghettis bruns ça me semblait fade à l’oeil. J’avais l’impression que ces spag-là allaient me faire comme une botte de foin avec un peu de farine d’épeautre. Vous savez le truc pâteux, avec un accent très circonflexe, très gras, très étouffe-chrétien. Je ne me suis pas lancé du premier coup, genre : “allez, j’y vais et si ce n’est pas bon je jette”. Je n’ai pas été appris comme ça! Non, j’y suis allé mollo, un petit peu dans une cuillère pour tester. Eh bien, c’était pas mal. Ça arrondit le goût. Ça lui donne de l’ampleur. Ça rehausse le fumet. Bon pour la couleur c’est toujours botte de foin et son de sarrasin, mais avec un trait de tabasco pour la présentation, ça fera bien assez éclair de génie sur fond de réminiscences.

À table.

Spaghetti complets à la truite fumée

Spaghetti complets à la truite fumée

Délices d’Obama

Aujourd’hui, repas à la mode de chez nous. Chez nous-chez nous. Un truc d’ici, quoi. Un machin bien américain. Bien que tout compte fait, le plus américain de tous, c’est censé être Obama, n’est-ce pas? Et je ne suis pas sûr qu’il en mange, Obama. À mon avis, s’il est obligé, il en mange, mais du bout du râtelier. Il ne peut pas dire qu’il travaille pour les pauvres, pour leur assurer une meilleure vie, la sécurité sociale et ne pas en manger. De toute façon, la distinction, ils ne savent pas ce que c’est. Ils mangent une main sous la table. Ils tiennent la fourchette comme une fourche et depuis qu’on leur a dit que fourchette ça venait de «forchetta», la petite fourche, ils ne voient pas où est le problème. Ils t’empoignent ça à bras le corps et allez hop on prend la bouffe comme du charbon dans une trémie et on l’enfourne à la volée comme un chauffeur de locomotive.

En attendant, vous savez pourquoi on doit poser la fourchette les dents en bas? Oui, moi aussi je croyais que c’était pour ne pas avoir l’air agressif. Et que les Anglais qui font le contraire, c’était par esprit de contradiction ou par ce qu’ils sont belliqueux. On bien, par ce que ça évite de se piquer la fourchette dans les fesses quand on s’assoit négligemment sur son assiette pour faire la conversation. Ou bien pour que cela ne fasse pas paratonnerre les jours d’orage. Non, sans mentir, je pensais que c’était pour ne pas qu’il fasse râteau et que la fourchette bascule si on marche dessus. Eh bien, pas du tout, c’est que les orfèvres français gravaient les armoiries du client sur le manche à l’extérieur et les orfèvres anglais sur le manche à l’intérieur. Maintenant, il faudrait se demander pourquoi les orfèvres français gravaient les armoiries à l’extérieur. Peut-être qu’ils pensaient que cela ferait belliqueux d’être anglais ou que le râteau sert de paratonnerre…

Donc Obama, est-ce qu’il prend une fourchette ? Non, à mon avis, s’il est vraiment obligé, il fait comme à la maison, il attrape ça à deux mains, il tartine de beurre, il met du sel et il croque dans son maïs comme tout un chacun. Il grignote en tournant. Il chuinte que c’est chaud. Et quand il a fini, il se dépêche de reprendre ses conversations de la plus haute importance, ultra-secrètes, et tout, et tout.

Moi aussi, j’ai des conversations ultra-secrètes avec moi-même. Comme vous le voyez, je ne manque pas de sujets de conversation (comme dirait La Petite en espagnol : “viva la conversacion!” en diphtonguant le «ion», celui là et d’autres), ni de sujets de réflexions profondes, cela va de soit.

Dans ma recherche du légume pour combler la moitié du menu “fire”, j’ai un peu tout essayé, mais pour l’instant le brocoli reste en tête. Le maïs, ce n’est pas mal non plus, mais c’est l’artichaut américain quand même, il y en presque plus dans ton assiette à la fin qu’au début. Et puis on se brûle les doigts aussi. Ou alors il faut prendre une fourchette…

Bon aller on lâche pas, ou bien le maïs il se retrouve sur les genoux. Maïs, blé d’Inde, blé des Indiens, panicée panicoïdée poacée monocotylédone, quelque soit son nom, on le met dans l’eau bouillante 7 minutes et on le mange chaud, très chaud.

À table!

Maïs dans l'eau bouillante

Maïs dans l’eau bouillante

Dinde au marron

Eh bien non je n’ai pas fait de faute, vous en déplaise!

Moi j’ai décidé que le marron serait la couleur et pas le fruit.

Je vais commencer une petite série: «Popotte à la roulotte» et ce sera ma première recette.

Tout d’abord les ustensiles: une roulotte, bien sûr, une poêle, une casserole, une fourchette et un couteau.

Ensuite les ingrédients: une poitrine de dinde, des brocolis, du beurre ( une noisette! ), de la sauce soya et, je vous laisse deviner, du tabasco!

Enfin les intentions: aujourd’hui c’est “fire”, moitié viande maigre, moitié légumes.

C’est le nouveau régime, en trois étapes:

  • fire (feu) pour tous les jours
  • fuel (carburant) pour les jours où je m’entraîne
  • free (libre) pour les jours où j’ai envie d’autre chose, une fois par semaine et même moins.

La vérité c’est que j’essaie de faire de la cuisine élaborée avec le minimum de tout, mais beaucoup d’intensité. De la cuisine intense en quelque sorte.

Hier, je regardais un pêcheur, il pêchait mollement. Sur la route, il y avait deux petits Français à vélo, reconnaissables au drapeau qu’ils arboraient fièrement, ils pédalaient mou! Bon, il pleuvait un peu, une petite bruine de Bretagne, bienvenue après plusieurs jours de canicule, mais quand même, ils moulinaient lâche. En ville, c’est pareil. Ils sont sur la piste cyclable et va que je te pousse. Moi mon cri de guerre, c’est “Pedal damn it” (pédale bon dieu). Ce n’est pas de moi, c’est le slogan d’une marque de vélo, mais j’aime bien. Au gym aussi, ils sont là en roue libre. C’est sûr, ils ne vont pas aller bien loin sur leur vélo stationnaire, mais quand même. Allez-y. Pédalez. Arrêter de lire votre foutu journal. Autant prendre le bus dans ce cas là. Vous vous ferez brasser la carcasse tout autant et ce sera plus confortable.

Eh bien pour la cuisine, c’est pareil. Moi ce que je cherche c’est le goût. Même le goût des brocolis nature juste blanchis, ça me va. Avec une pointe de tabasco c’est mieux. Mais le truc c’est ça: une cuisine qui a du goût. Une cuisine qui croque.

Avec le poulet c’est mieux, mais la dinde était en spécial! Donc c’est très simple:

coupez le poulet en gros cubes,

mettez une noisette de beurre (n’oubliez pas c’est fire aujourd’hui) dans la poêle,

à feu vif,faitess dorer le poulet sur une face,

avant de le retourner arroser allègrement de Tabasco

retourner le poulet

avant qu’il ne soit complètement doré, ajouter une bonne cuillère à soupe de sauce soya

baissez le feu et laissez griller

C’est tout noir, mais ce n’est pas cajun. La sauce soya va faire une mince croûte autour du poulet qui va être fondant au milieu. Un pur régal.

Pendant ce temps-là, vous avez fait chauffer l’eau, mis les brocolis dedans et tout est prêt en même temps.

À table

dinde et brocolis , assiette vide

Aujourd'hui, je n’ai pas eu le temps de prendre la photo, j'avais trop faim!

 

Ravioli

Juste quelques photos d’une première tentative de ravioli.

La pâte est belle et fine.

Après quelques essais, les ravioli sont plutôt beaux.

Ils ne se défont pas à la cuisson.

Et ils sont vraiment appétissants.

Alors c’est quoi, le problème?

La farce était trop sèche. Malgré la leçon de la veille, et une bonne dose de Tabasco, elle était aussi un peu fade. La pâte à la semoule était aussi trop épaisse.

Ce n’est pas grave, on va recommencer.

À table !

 

Ceci n’est pas une quiche

Parfois, je me fais peur !

Je n’ai pas eu le temps de dompter l’animal que, déjà, je tente le galop, je m’engage dans la voie rapide vers l’insuccès, je m’élance dans des contrées inconnues où il ne fait pas toujours beau! Vous savez : « Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver! » Il y a une semaine, la petite paradait en shorts et, ce matin, elle remet ses après-ski, la neige a recouvert le soleil. Il faisait 24° et, ce matin, le sol est blanc.

Désolé. Digression. Donc, après moult déboires, je réussis finalement à obtenir la texture voulue et je m’embarque aussitôt vers un voyage dont je ne connais pas la fin.

Visuellement, c’est beau, mais la grande de dire « je n’aurais pas pensé à essayer ÇA ». Est-ce désapprobateur ? Je ne crois pas. Émet-elle des doutes ? Je le pense. Est-elle inquiète ? Oui certainement. Elle a beau avoir confiance, chez elle rien n’est aveugle, tout est réfléchi.

À bien y penser, je ne crois pas l’avoir déçue jusqu’à maintenant. Enfin, pas sur la cuisine ! Je ne crois pas non plus, avoir jamais rien fait d’immangeable, bien que je me souviens une fois, un éloigné cousin de son matrilignage avait débarqué à l’improviste et mon risotto n’était pas bien fameux.

Cela dit, par les temps qui courent, elle est dans une phase d’optimisme gustatif béat, elle revient de la gym et, pavlovienne, elle salive, son odorat culmine, ses papilles dansent la samba, donc son « je n’aurais pas pensé à essayer ÇA » reste dans la limite du raisonnable, je la sens prête à l’expérience.

Malgré la température retombée, je voulais rester printanier. Ne pas sombrer dans la combinaison beurre-farine. Faire une quiche sans pâte.

Aux oignons trop souples une fois cuits, je préfère les courgettes qui peuvent garder un certain croquant et, donc, en matière de support, de la semoule !

Oui la fameuse semoule qui m’a donné tant de fil à retordre, je l’ai matée pour en faire une base. Mieux que ça, je l’ai domptée, mise au pas, domestiquée, brisée. Elle accepte, maintenant, le joug, de bonne grâce, en moins de deux minutes, montre en main.

Pendant que je faisais revenir mes courgettes avec sel, poivre, herbes et … tabasco. J’ai mis la semoule dans un bol, couvert généreusement d’eau et 2 minutes au four à micro-ondes. Elle était parfaite. Je l’ai égrenée à la fourchette versée dans ma poêle et mélangée. Ensuite, on étale dans un moule à quiche, on couvre d’un appareil et on met à cuire. À part la crème et, éventuellement, un peu de parmesan, on a évité le pire en matière grasse.

À table!

>>>>> recette

 

 

Demi-sarrasin

Autant j’aime la précision des mots, autant je jongle allègrement avec les ingrédients des recettes. Je vais pourtant devoir garder une trace des variations et de leurs résultats pour conserver les meilleurs choix.

Donc hier, la Grande se prend d’une envie subite de galettes de sarrasin. Ni une ni deux, je m’attelle aux fourneaux. Glissando décélérant vers le grave : il n’y a plus que 250 g de farine de blé noir. Ni trois, ni quatre, ajoutons 250 g de farine de froment. Je mesure très précisément 10 g de sel et j’ajoute les 50 cl d’eau de ma dernière recette. Bien sûr, une fois l’eau absorbée, je me retrouve avec un mélange épais et grisâtre, loin d’être propre à la confection de galettes. Ni cinq ni six, je continue à ajouter de l’eau pour obtenir une consistance plus guillerette. Quand la pâte est lisse et fluide, je mets la crêpière à chauffer. Oui, je sais, autre divergence de la belle recette langue de bois : laisser reposer 5 à 6 heures ! Qui peut prévoir, 5 heures à l’avance, qu’il aura envie de galettes de sarrasin.

« Oh j’ai envie de galette de sarrasin! Je mets mon petit tablier. J’ouvre mon armoire magique et, miracle, il y a justement un beau paquet, tout neuf, de farine de blé noir, moulu à la pierre et à la main, qui se jette dans mes bras. Merci, petit paquet. Je n’ai besoin que de ta moitié. Ne pleure pas, petit paquet, je reviendrai te chercher à ma prochaine envie subite de galettes. Beau petit saladier, comme vous êtes joli, que vous me semblez beau. Sans mentir si votre mélangeage se rapporte à votre plumage, vous êtes le phénix des cuillères de ce bois. Venez faire la ronde avec vos nouveaux amis pour la vie : le blé noir, l’eau cristalline et la poudre magique de Guérande. Touillons, touillons, en chantant une petite chanson. Maintenant, reposons-nous! Je vais m’assoir et je vais attendre 5 heures que la princesse charmante vienne me réveiller. »

Sérieusement, 5 heures!

Ils n’ont vraiment rien à faire les cuisiniers? À 5 heures par recette, tu n’as pas le temps de manger!

La Grande « veut » des galettes. Elle les veut « maintenant »!

Elle dit : « ce sera meilleur demain », mais, en attendant, elle les boulotte aujourd’hui. Je crois que le truc de « c’est meilleur demain », c’est pour que j’en fasse plus et, qu’éventuellement, une fois rassasiée, il lui en reste pour s’empiffrer une deuxième fois !

J’en étais où ? Ah oui, ni sept ni huit. Je verse une louchette de pâte dans la crêpière. Mille millions de sabords. Malgré le délayage supplémentaire, la galette reste tumulus, breton bien sûr. Pas d’autre solution, il faut encore allonger.

Qui prend note des quantités?

J’en profite pour annoncer publiquement que j’ai obtenu, de l’assemblée constituante familiale, le vote d’un crédit exceptionnel pour la création d’une commission d’achat d’une raclette de crêpier. Je crois que si je l’ai obtenu si facilement et dans de si courts délais, c’est parce que nous sommes en période d’élection présidentielle, à moins que ce ne soit par crainte d’une grève des étudiants crêpiers. En tout cas, cochon qui s’en dédit, la prochaine fois ce sera « galettes à la raclette » ou cela ne sera point!

Ni neuf ni dix. J’ai fait 11 galettes, deux jambons- fromage pour l’affamée, une à l’œuf pour le cuisinier, une nature, comme dessert, pour la goulue, deux sirop d’érable pour le bec sucré et devinez ou comptez sur vos doigts?

Il en reste pour « c’est meilleur demain »!

Pendant ce temps là, la petite qui n’était pas galette ou qui, elle aussi, était « c’est meilleur demain », se faisait une recette de son cru : « Pâtes fraîches aux oignons ». Mam sera contente, elle a réutilisé tous les restes : pâtes des « pâtes en tas » et oignons confits de la « pizza 2-5 ».

À table!

 

Hachis Parmentier

Elle a dit: “tu aurais pu mettre du Tabasco…”

Que dois-je comprendre ? Ma cuisine serait-elle devenu fade ? Douceureuse ? Insipide ? Pire encore anodine!

Je dois l’avouer, j’aime le Tabasco! Encore plus depuis que nous avons visité l’usine de fabrication et que nous en avions ramené un format Géant, avec un G majuscule parce qu’à l’époque une bouteille de Tabasco de 300 ml, c’était l’apothéose, l’aboutissement, le Saint-Graal enfin retrouvé! Vous imaginez passer de la bouteille de 6 cl à la bouteille de 354 cl! D’un coup! Vous imaginez la première, vous la tenez entre deux doigts, le petit doigt levé. Non pas que vous êtes chochottes, mais de peur que le pauvre petit soit irradié par la puissance du contenu! L’autre, vous la tenez d’une main virile, à pleine poignée. Non vous n’en mettez plus une ou deux gouttes du bout des lèvres du goulot, mais vous l’utilisez comme la récalcitrante bouteille de Ketchup, à grandes embardées hauturières. Et quand vous en avez une telle quantité, vous pouvez vous permettre d’en assaisonner la moindre recette. Ah, époque bénie, où mon palais boucané supportait sans broncher les assauts des principes actifs de la capsaïcine. Richter, son échelle logarithmique et ses 12 pauvres petits degrés, ne pouvait se mesurer à Scoville! Le tremblement de palais commence à 2000, le Tabasco vous propulse à 5000! Un vrai Charlot face à Wilbur(*)!

Moi ce que je voulais, c’était retrouver le hachis parmentier de mon enfance… Simple et bon. Avec les traits de fourchette sur le dessus. De la purée en dessous, de la viande au milieu et de la purée en dessous.

Je voulais en finir avec cette pauvre version américanisée malgré son nom de « pâté chinois ». Là, pour le coup, et pour le goût, c’est melliflu en diable. Le goût douceâtre du lit inférieur de maïs édulcoré, la viande rougeâtre au centre et la purée trop liquide du cache-misère. Comment en sont-ils arrivés là ? La dérive des continents certainement.

Bon allez, c’est vrai, ça manquait de sel, mais je me suis rattrapé le soir même…

À table.

On les voit bien les quadrillage à la fourchette

Juste pour faire plaisir à MAM, un peu de roquette hivernale en gros plan

 

(*) Richter se prénommait Charles alors que Scoville portait lui le prénom de Wilbur.