Taboulé au débotté

J’ai dit que je faisais du taboulé, alors j’ai acheté du persil.

Comme je ne fais rien à moitié, j’ai acheté du persil plat et du persil frisé. C’est vrai qu’une fois haché, cela ne doit pas faire une grande différence, mais c’est pour le principe. En fait, ce n’est pas vrai. J’ai acheté du persil et de la coriandre.

Je fais mes courses au nez. Quand je suis à la fruiterie, je renifle tout. Je sens les ananas, les melons, les poires, les pommes, les pêches, les abricots, les mangues, les tomates et, bien sûr, la coriandre. Mieux, j’achète de la coriandre parce qu’elle m’appelle. Il faut dire que, pour une raison inconnue, il la mette en hauteur, et pile au-dessus des rates et des haricots. Donc, comme je prends régulièrement des rates ou des haricots, c’est vers eux que je me penche en premier, et l’odeur qui tombe du rayon des herbes m’hameçonne par les narines. Il faut dire qu’en plus la coriandre de ce légumier est toujours, et fraiche, et odoriférante.

Les melons, je leur renifle la base, les ananas aussi, les poires, les pêches, les abricots, je les renifle au milieu, mais la coriandre je la renifle de loi,

Toujours est-il que, le jour où j’ai décidé de faire du taboulé, j’étais au supermarché et bien que j’ai plongé mon nez dans tous les sacs, aucun n’avait plus d’odeur qu’un sac de salade iceberg insipide américaine. J’étais très décidé à faire du frais, donc, malgré tout, j’ai acheté du persil inodore en me disant qu’haché, il finirait par dégager la nécessaire saveur. J’ai pris un paquet de coriandre sur la pile idoine en complément de ma réserve personnelle et finalement ce n’était que du persil plat. La feuille est plate, l’odeur est plate, la tige est plate, et le goût l’est tout autant.

Pas de souci, comme on dit.

Comme vous le savez, je suis devenu le roi de la semoule de blé dur, du boulgour, du blé concassé et autre couscous. Je te vous fais de la semoule en trois minutes, chrono. Et fameuse avec ça, tendre moelleuse, gouteuse, salée à point, chaude et légère.

Donc, pour moi du taboulé, ça ressemble à de la semoule, mais froide et parfumée au persil. Alors je commence par préparer un bol de semoule, je fais un coulis de persil: deux persils, coriandre, tabasco, oignons verts, et tomate, je mélange le tout, et je le mets au frigo.

Couscous péruvien

Comme je l’avais dit, j’avais envie de couscous et j’ai fait du couscous, mais pas “comme là-bas”, je ne voulais pas une révolution dans la cuisine. J’ai échangé la place Tahrir pour le Parque Kennedy.

Je vous l’accorde, pour le style arabe, j’ai commencé la recette avec deux petits jarrets d’agneau. Et vu la taille, cela ne pouvait pas être du cheval, pas de danger! Ensuite un beau morceau de paleron. Moi, j’aime bien le paleron parce que je le connais bien. Je le reconnais! Aucune chance qu’ils me fourguent du dromadaire ou de l’éléphant! Je retire le nerf au milieu, je le dégraisse et je coupe des cubes mais même en puzzle, c’est du boeuf à 100%.

Cette fois-ci, j’ai mis des légumes, en veux-tu, en voilà:

  • oignons, on ne se refait pas
  • carottes, il paraît que ça rend aimable… suivez mon regard
  • patates douces, comme au Pérou
  • navets, un bon petit goût bien de chez nous
  • pois chiches, comme là-bas dit
  • courgettes, comme chez nous
  • un peu de coriandre, un peu de tabasco et du raz-el-hanout.

Vous allez dire : “on reconnaît bien le couscous” mais pour ce qui est d’être péruvien, ça fait un peu léger quelques cubes de patate douce. Vous n’y êtes pas du tout. J’ai remplacé la semoule de blé par du quinoa.

Un petit cours de botanique express, le quinoa est une pseudo-céréale puisqu’il ne fait pas partie de la famille des graminées, mais de celle de la betterave et des épinards (les Amaranthacées). Et vous connaissez l’autre particularité du quinoa? Elle ne pousse qu’au Pérou!

Couscous péruvien et quinoa

Couscous péruvien et quinoa

>>>> recette

 

Couscous aux pêches

Eh oui, c’est la fête du travail, le muguet est fleuri et même fané, pâli, passé parce que la fête du Travail, c’est le 1er septembre !

L’été est presque fini. Les oies vont bientôt repasser. Les belles journées d’été finies, les outardes remettent leur pantalon. Finis les shorts et les jupettes. Finis les t-shirts et les camisoles. Finies les tenues légères et décontractées. Voici revenu le temps des pantalons et jupes de laines droites. Revenu le temps des chemisiers grand teint et des souliers vernis. Il faut repasser. Refaire le pli du pantalon. Resserrer le plissé soleil. Redresser le col affaissé.

Heureusement, il fait encore 26°. Parfois même 28°. Que dis-je 78,8° ! Presque 80° ! Ce n’est pas difficile, il faut retirer 32 et multiplier par 5/9. Comme vous voyez, rien de bien compliqué. Au bout du compte, on saute dans la piscine à 80° sans se frire les fesses et, quand on fait de la fièvre, on a 104°. Mais il y a pire, en degrés Kelvin, on aurait 313°K. Je ne sais pas où ils se thermomètrent le fondement en Kelvin, mais ils ont chaud, ceux-là.

Donc, il ne fait pas si froid et, si ce n’est pas encore le temps du pot au feu revigorant, ce serait bien le temps d’un petit couscous des familles. C’est vrai après tout le couscous, comme là-bas, ça se fait toute l’année, n’est-ce pas. Et, là-bas, toute l’année, il fait chaud.

J’ai acheté un kilo de paleron. J’aime bien le paleron, mais je veux le couper moi-même. Je vous rassure, pas sur la bête quand même. Bien que, vu ma svelte silhouette actuelle, l’habit de lumière me siérait à plaisir. Me serrerait un peu aussi néanmoins. Mais je ne me vois pas, avec le grand sabre, m’approchant du jeune taureau adolescent, pour une viande tendre à souhait, pour lui tailler, non pas une bavette, ils ne sont pas très causants à cet âge-là, mais un kilo de paleron dans l’épaule. Et oui, le paleron, c’est dans l’épaule. Vous voyiez ça dans la fesse, je suppose ? Pourtant ce n’est pas difficile: la tête, la joue, le collier, vous les placez ? La poitrine, les plates côtes ou le flanchet, ça va aussi. La culotte, c’est bon. Le gîte à la noix, il y a une bonne indication. Le filet et le faux-filet, ce sont les longs muscles de la colonne vertébrale, l’aloyau ou les bavettes, c’est juste en dessous. Si on descend encore, on a le jarret, la gite et la crosse, dans les pattes. Les jambes, c’est pour les chevaux et accessoirement les humanoïdes. Alors qu’est-ce qu’il nous reste ? La surlonge et le paleron, dans l’épaule de la brave bête.

Mais, au milieu de la pièce de paleron, il y a un gros amas tendineux et les bouchers, cela ne les gêne pas. Moi, j’aime des beaux cubes persillés sans excès alors je nettoie ma viande à grands coups de couteau, mais sans en perdre.

J’ai bien tout acheté sauf que j’ai oublié les pois chiches. Je suis chiche de faire le couscous sans eux, mais ce serait moins bien.

 Alors, nous sommes allés acheter des poids chiches et nous avons acheté des pêches. Non, ce n’est pas un effet du whisky japonais, ni Yamasaki, ni Nikka, c’est que les pêches n’étaient pas trop chères alors j’ai fait du couscous et de la confiture. La confiture, je vous la raconte une autre fois, mais, pour le couscous, c’était royal !
Comme on dit chez nous maintenant: “voi a comer”
À table !

Semoule de couscous

Je l’avais dit que le printemps nous titillait les papilles.

Le printemps et le citron bien sûr.

Depuis quelques jours, la météo s’est réchauffée. Le Québec se réveille. Les arbres éclosent. Les bourgeons décapotent. La salade approche.

J’ai quand même refait du couscous. De la viande, des légumes et de la semoule.

Jusqu’à maintenant, la semoule s’était le cauchemar. C’est bien simple, pour les deux derniers couscous, j’ai raté lamentablement ce fondement de la cuisine arabe. À ma décharge, je dois dire que la recette que j’avais était vraiment la pire qu’on puisse trouver. Une invention de la Grande qui a sa manière bien à elle de la préparer. En deux mots comme en cent, de toute façon, si vous comprenez ou si vous y arrivez, chapeau ! Alors voilà : on fait chauffer de l’huile dans une casserole. Combien ? Combien longtemps ? Combien chaud ? Comme dirait Mathilde, l’hispanophone de la maison, « no se ». Ensuite, on ajoute de la semoule. Je ne vous refais ni la litote littéraire, ni l’allitération. On remue. Ça donne ça… On met de l’eau, jusque-là… et on attend. Je ne suis pas un grand fan des dosages hyper précis, mais à ce point là ce n’est plus de l’imprécision, c’est de la sorcellerie. Samantha sort de ce corps. C’est ma bien-aimée, mais je n’avais pas remarqué le nez gigoter.

Donc cette fois, j’avais bien l’intention de prendre le problème à bras raccourcis.

J’ai commencé par faire le couscous comme alibi à la semoule.

Puis au moment de servir, j’ai préparé la semoule à ma, nouvelle, façon. Il paraît que nous sommes complémentaires, cela veut dire qu’on ne fait rien de la même manière. Donc j’ai fait tout le contraire de son envoûtement. J’ai fait chauffer un peu du bouillon. J’ai mis la semoule dans un grand bol. Je l’ai mouillé d’une grande cuillerée d’huile de sésame grillée (je n’ai pas eu le droit à l’huile d’argan qui coûtait deux fois plus cher) puis du bouillon chaud. J’ai laissé gonfler puis j’ai remis à température, doucement dans une casserole en cassant les mottes avec une cuillère en bois.
Au lieu de sable rôti, j’ai eu une bonne semoule bien moelleuse.

Un filet de citron avec ça?
À table!

 >>>> recette

Plus de cornes de gazelle

J’ai mis un tigre dans mon moteur!

Vroum! Vroum! Fini le rouleau à pâtisserie à deux balles! Fini le pauvre petit morceau de bois dur manié à la main! Finies les allées et venues, la pâte qui s’aplatit puis se rétracte! Finie l’imprécision du compresseur manuel! On veut du calibré! On veut du précis! L’ordre et la sécurité! De la belle pâte fine et régulière!

Nous nous sommes équipés! LE Best! Le Meilleur! Pas du chinois de pacotille! Même pas de l’espagnol! De l’italien! La Ferrari de la cuisine! Le Vrai!

Un V8 survitaminé! Et des options en veux-tu en voilà! 14 pour ne pas les compter.

Normalement, avec une affaire pareille, on devrait brûler le macadam, voir défiler le ruban à 100 à l’heure, filer sur le bitume! C’est parti. Checkpoint Charlie! Prêt au décollage! Lâchez les freins! Poussez les moteurs! Baissez les flaps!

Putt! Putt! Putt!

Le beau rêve s’est envolé, mais la machine est restée au sol.

Il n’y a rien à faire: la pâte ne veut pas passer. J’ai beau pousser, tirer, préparer, affiner, fariner, mouiller.

Adieu veau, vache, cochon, couvée…

J’ai bien essayé de la démonter, mais ma pâte brisée et ma pâte d’amandes se desséchaient lamentablement.

Alors tant pis, ce sera à l’huile de coude! On s’y met à deux, la petite a mis la patte à la pâte!

Et voilà le résultat:

Avouez qu’elles ont de la gueule!

 

Au fait, vous avez deviné, j’espère, c’est une machine à faire des pâtes longues de toutes les sortes : spaghettis, cappelinis, lasagnettes, reginettes, linguines et même des raviolis! Vous allez en entendre parler!

 

À table!

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